Biographie

Ma pratique se construit dans l’écart. Entre ce qui persiste et ce qui vacille, entre des gestes anciens et des formes contemporaines. Je m’intéresse à des images qui n’occupent jamais un temps stable, mais qui circulent entre plusieurs temporalités, comme si elles hésitaient à se fixer.

Né au bord de l’océan, j’ai grandi dans une attention constante aux phénomènes de surface. Enfant, je passais de longues heures à scruter l’eau, à chercher des formes de vie dissimulées dans les reflets, prises dans les plis mouvants des ondulations. J’observais aussi la ligne d’horizon, non comme une limite, mais comme une promesse : celle d’un ailleurs possible, d’un monde encore indéterminé. Cette expérience du regard — attentive, lente, incertaine — continue de structurer mon travail.

Je travaille à partir de traces. Des formes issues de l’histoire naturelle, de documents anciens, d’images savantes ou oubliées. Non pour les reconstituer, mais pour les déplacer. Ce qui m’intéresse, c’est le moment où l’image cesse d’être une illustration pour devenir une apparition fragile, presque menacée. Une image qui semble revenir d’un monde qui n’a peut-être jamais existé, ou dont il ne reste que des fragments.

La série Mimèsis s’inscrit directement dans cette recherche. Elle convoque une mémoire visuelle fragmentaire, empruntée à des atlas anciens, à des encyclopédies perdues, à des rêveries de naturalistes. L’image y est instable, parfois presque effacée, comme prise entre le fond et la forme. Ce n’est pas la ressemblance qui m’importe, mais la tension qu’elle produit : ce qui apparaît tout en risquant de disparaître.

Dans Apocalypse et Kalypso, cette réflexion se déplace vers d’autres régimes. Effondrement, saturation, retrait, figures humaines fragiles ou isolées : les images y traversent des états de déséquilibre. Elles ne s’imposent jamais frontalement. Elles se tiennent dans un entre-deux, comme suspendues, travaillées par le silence autant que par la densité.

Je travaille avec des matériaux simples et des supports modestes pour leur capacité à accueillir l’accident, l’usure, la porosité. J’essaie de maintenir une attention fine au geste, au rythme, à l’espace entre les formes. Il ne s’agit pas de produire des images sûres, mais des images ouvertes, traversées par des survivances, où quelque chose insiste malgré tout.

Travailler en série est pour moi une manière de penser le temps autrement que comme une progression linéaire. Chaque série est un territoire que je parcours lentement, par glissements successifs. Je n’y cherche pas la répétition, mais l’exploration : laisser une forme évoluer, se transformer, parfois se contredire. La série me permet d’accepter l’inachevé, l’ambiguïté, le silence.

Ce que je cherche, au fond, c’est une image en état d’hésitation.
Une image qui ne prouve rien, mais qui tient encore — comme une empreinte dans le sable, juste avant que l’eau ne la recouvre.

Curriculum Vitae

Formation

2023 — DNSEP, École Supérieure d’Art et de Design des Pyrénées

Expositions individuelles et collectives

2025 — Exposition collective, Villa Orgeval, Biarritz

Mimèsis, Médiathèque de Maisons-Alfort, Maisons-Alfort
Commissariat : Fabien Simode

— Exposition collective, Les Jardiniers, Montrouge
Commissariat : Henri Van Melle

2024En travaux, exposition dans une villa en travaux, Biarritz

Seules les traces font rêver, Le Garage, Labastide-Villefranche
Commissariat : Didier Arnaudet

2021Confluents, Le Garage, Labastide-Villefranche

2020Un angle à perte de vue, Grande Plage, Biarritz

2019 — Résidence États des lieux, Le Garage, Labastide-Villefranche